Vers le VIIe siècle avant Jésus Christ, les rois donnaient du sel à leurs guerriers pour conserver la nourriture lors des campagnes militaires. C’est ce qu’on appelait le salaire (du latin salarium). Mais dans le royaume de Lydie, le Roi Crésus eut l’idée de remplacer ce salaire par des pièces frappées sur un métal alliant or et argent et qui était disponible en grande quantité dans un fleuve qui coulait à proximité, le Pactole. D’un côté, on frappait la valeur de la pièce et de l’autre on frappait le visage du chef. De cette manière, les guerriers en campagne pouvait piller les populations soumises en leur donnant des pièces en échange, au nom du roi. De plus, afin de continuer à financer son armée, le roi prenait chaque année une part de cette monnaie grâce à l’impôt. En imposant ainsi sa monnaie aux peuples vaincus, le roi pouvait continuer à voler une partie du travail de son peuple pour financer son armée et vivre plus grassement que lui. Avec le développement des empires, cette monnaie, adossée donc à l’or, devint le standard des échanges. Il est risqué de se promener avec des sacs ou des coffres remplis d’or.


C’est pourquoi, petit à petit, les orfèvres deviennent des intermédiaires : il suffit de donner son or à un orfèvre et, en échange, il vous donne un reçu qui permet de récupérer la même quantité d’or. C’est là que les billets apparaissent. Progressivement, les orfèvres se rendent compte que le stock d’or ne descend jamais sous un certain seuil. Les dépôt compensent les retraits et la probabilité que tous les billets soient apportés en même temps est très faible. Ils commencent donc, vers le XVIIe siècle, à émettre des billets en échange d’une simple dette à la place de l’or. C’est l’apparition du système à réserves fractionnaires. Les orfèvres deviennent alors des banquiers. Puis le pouvoir régalien de frapper monnaie appartient à l’Etat et est détourné par les partis politiques. C’est un combat incessant entre les banques et les Etats pour savoir qui aura le droit divin de créer le monde de demain. Aujourd’hui, depuis le traité de Maastricht, les banques ont gagné et la monnaie est à 95% numérique (prélèvements, salaires, impôts, cartes de paiement, virements, etc.) et est créée lorsqu’une banque émet un crédit envers un agent non-bancaire (Etat, entreprise, particulier). On comprend donc rapidement que toute la monnaie en circulation est issue d’une dette, souscrite à un moment donné par un agent non-bancaire. Si nous devions remboursé « LA DETTE », qui n’est que la somme des dettes en cours, alors il n’y aurait plus de monnaie en circulation. Créer de la monnaie à partir de rien (ce qu’on appelle la création monétaire ex nihilo) n’est pas un problème, puisqu’il s’agit d’une invention humaine servant à mesurer les échanges. Les principaux problèmes liés à cette création monétaire sont l’asymétrie entre les individus et l’intérêt. En effet, même si les banques arrêtaient d’émettre des crédits, les crédits en cours devraient malgré tout être remboursés ; avec l’intérêt en plus ! Qui lui, n’existe pas dans l’économie. Donc non seulement, la masse monétaire tendrait rapidement vers 0, mais en plus, il n’y en aurait pas assez. Chaque agent économique est donc en concurrence pour trouver les intérêts manquants, en dépit des impacts sociaux ou environnementaux de son activité. Dans cette configuration, il est difficile d’avoir une activité libre dont la valeur ne sera reconnue que bien plus tard. Or, c’est le travail libre qui a permis par exemple l’émergence d’Internet, de Wikipedia et de Linux. Comment mesurer le travail libre dans une économie non-libre ? C’est la réponse que tente d’apporter la Théorie Relative de la Monnaie.


Pour comprendre la création monétaire ex-nihilo par le crédit bancaire et les problèmes engendrés par la monnaie-crédit, venez voir les conférences des 9èmes Rencontres des Monnaies Libres.


Voici une vidéo d’introduction à la création monétaire ex nihilo par le crédit. L’orateur de cette vidéo utilise la métaphore – très bien choisie – de la baignoire. La Théorie Relative de la Monnaie démontre mathématiquement comment garder l’eau de la baignoire à hauteur constante grâce au référentiel relatif et à la création monétaire par Dividende Universel !