Les monnaies libres offrent une vision plus juste et durable de l’économie : prise en compte des générations futures, justice et symétrie entre les utilisateurs, valeur économique relative à chacun.


Internet provoque une modification considérable de l’organisation du monde : le réseau distribué a fait naître un nouveau modèle de développement et les résultats les plus visibles sont l’industrie du logiciel libre ou open-source ainsi que Wikipedia. Dans les deux cas, des individus isolés s’associent pour réaliser des systèmes technologiques de grande envergure et qui comportent une forte utilité pour la société toute entière.
Concernant ces projets contributifs, on se rend compte que la production se réalise sans l’intervention ni d’une entreprise privée ni d’un organisme public. Des individus parviennent à en fédérer d’autres pour réaliser un projet commun. il s’agit d’une alternative au système de production classique. C’est la production autonome du social.

Grâce aux réseaux, la société produit de la valeur d’usage par elle-même. La qualité des réalisations est néanmoins égale sinon supérieure à celle des organisations publiques ou capitalistes. Dans la contribution, c’est l’individu qui s’auto-sélectionne. Lui seul détermine la tâche qu’il se sent accomplir et il propose ensuite son œuvre à la communauté. On parle de productivité passionnée. Ces activités peuvent être bénévoles mais elles apportent au contributeur de nouvelles connaissances et de la notoriété auprès de ses pairs. Et elles élargissent son réseau de collaborateurs. En fait, c’est bien souvent dans ce type d’activités que nous avons le sentiment enthousiasmant de nous réaliser. Et il s’y observe, en fin de compte, un niveau de travail supérieur à celui des modèles productivistes et consuméristes, où l’individu est productif seulement à la hauteur d’un échange d’argent. Dans la contribution, les individus travaillent avant tout pour apprendre et transmettre leurs connaissances.

Au travers de cette analyse, il est tout à fait possible de transposer cette situation dans le monde du travail. De part l’automatisation des tâches à accomplir (robotisation, programmes informatiques…), nous voyons bien que l’emploi, tel que nous l’avons connus ces deux derniers siècles, est en train de disparaître. Le chômage continue de progresser et la tendance ne risque pas de s’inverser. Sans travail, sans emploi, les citoyens continuent à produire de la valeur mais celle-ci n’est ni mesurée ni mesurable. Des plateformes telles Blablacar, Drivy, Über ou AirBnB ont bien compris la tendance et tentent de s’accaparer une partie de ces échanges qui sortent du cadre employeur/employé.


Définition des monnaies libres

TRM
TRM

Les monnaies libres répondent tout à fait à ce changement de paradigme que nous sommes en train de vivre et sont définies dans la Théorie Relative de la Monnaie (TRM) de Stéphane Laborde, un ingénieur français (http://creationmonetaire.info).
Elles sont inspirées du monde du logiciel libre et respectent les quatre libertés économiques fondamentales.
Pour y parvenir, la TRM démontre qu’une monnaie libre doit être co-créée par ses utilisateurs via un Dividende Universel indexé sur l’espérance de vie. Ce qui permet la symétrie spatio-temporelle entres les hommes dans la création des chiffres mesurant les échanges (la monnaie) qui, actuellement, est créée par les banques en échange d’une dette. Ce qui pose tout un tas de problèmes socio-économiques et met à l’écart de l’économie toute personne n’ayant pas accès au crédit ou à l’emploi malgré toutes les compétences qu’ elles pourraient partager avec la société.
Grâce aux monnaies libres, chaque génération pourrait faire ses choix technologiques indépendamment des ressources à disposition et des choix des générations précédentes.